Située à l’entrée Sud de la Mer Rouge et au Carrefour des routes maritimes les plus fréquentées, la République de Djibouti ambitionne de devenir un véritable carrefour de biens et de services entre, d’une part, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie, et, d’autre part, l’Europe, l’Océan Indien et l’Océan Atlantique à travers la mer Méditerranée et le canal de Suez.
Avec la récente mise en service du terminal à conteneurs de Doraleh, doté d’un panel d'infrastructures à dimension internationale, le pays est plus que jamais tourné vers l’avenir et aspire à se transformer en plate-forme attractive et performante.
Autour du complexe portuaire de Doraleh et sa vaste zone franche destinée à l’entreposage et à la réexpédition de marchandises venues du monde entier, Djibouti est incontestablement la porte d’entrée d’un vaste marché de près de 400 millions d’habitants, allant de l’Egypte à la Namibie (Comesa).
Tout a commencé, en juin 2000, par la signature avec Dubaï Ports World (DP World) d’une concession de vingt ans pour la gestion des infrastructures portuaires du pays.
L’objectif, étant bien entendu, de fournir un service satisfaisant, sûr et efficace, de promouvoir les capacités et les ressources portuaires tant au niveau régional qu’international. Véritable label et gage de sécurité, cette prise en main de DP World serait le tremplin indispensable pour mettre en confiance les investisseurs potentiels.
Le programme de Doraleh a été confié en 2003 à la société "Horizon Djibouti Terminals limited" (HDTL) pour une concession de type BOT (Built Operate and Transfer) sur vingt ans.
HDTL est un joint-venture appartenant à 40% à la société "Horizon Terminals Ltd" (HTL), filiale d’Enoc (Emirates National Oil Company) ; 40% à Djibouti (30% aux privés et 10% à l’Etat) ; et 20% à une société Koweitienne dénommée Independent petroleum group (IPG).
Outre le terminal pétrolier (opérationnel depuis septembre 2005) et le terminal à containers qui vient d’être inauguré, il est également prévu l’aménagement d’une zone franche industrielle et commerciale sur une superficie de 300 à 500 ha.
Le Port de Doraleh, avec son eau profonde (18 à 20 m de tirant d’eau), et son immense base arrière, est notamment propice au système de "tankering" (ravitaillement en pleine mer) et le développement des industries de transformation (raffinerie de pétrole, dessalement d’eau de mer).
Opérationnel depuis septembre 2005, le terminal pétrolier de Doraleh dispose d’une capacité de stockage de 370 000 m3 d’hydrocarbures et de produits chimiques, dont 100 000 loués à la marine américaine et 100 000 m3 pour le trading.
Deux cents camions de 45 000 litres peuvent être chargés par jour. Un camion charge en 4 heures, au lieu de 24 heures au port de Djibouti. Pour l’année 2007, le trafic a atteint 32 millions de m3, contre 2 millions en 2006.
Projet financé à hauteur de 100 millions de dollars US par Horizon Terminal Limited, le complexe pétrolier doté d’une haute sécurité est enfin le premier réservoir indépendant de la Corne d’ Afrique.
Quant au terminal à conteneurs, inauguré récemment par le chef de l’Etat, il est le deuxième élément du projet du Port de Doraleh avec 2000 mètres linéaires pouvant offrir aux navires portes conteneurs de la dernière génération, un tirant d’eau de 18 à 20m et une zone de stockage des conteneurs de 700 000m². Le coût de construction de ce terminal est estimé à quelque 300 millions de dollars.
Il dispose d’un premier quai de 1 050 m doté de huit portiques pour décharger deux "super post panamax" à la fois, soit une capacité annuelle de 1,5 millions d’unîtes (EVP). Un seul portique peut soulever quatre conteneurs à la fois (100 tonnes).
S’agissant du Port Sec de Djibouti, réalisé en 2000, il s’inscrit dans la politique du gouvernement djiboutien visant à faire du port de Djibouti une plaque tournante du trafic de transbordement de la région.
Gérées par "Jafza international", une filiale de Dubaï World, tout comme DP World et Nakhleel, à la suite d’un contrat conclu en 2003, les zones franches de Djibouti ont attirées en moins de cinq ans quelque 110 sociétés qui couvrent 70% de sa capacité.
Adossées aux ports, l’une à Djibouti (14 ha) et l’autre, en cours de création, près de Doraleh (300 à 500 ha pour accueillir jusqu’à 6 000 entreprises), elles disposent d’un service de "guichet unique et autonome" en vue de promouvoir les investissements directs étrangers à travers la mise en place d'une plateforme multimodale (mer, air, terre).
Selon les estimations du FMI, les exportations de Djibouti free zone (DFZ) devraient atteindre 265 millions de dollars en 2011, contre 38 millions en 2008.
Complètement modernisé, le Port de Djibouti est devenu le plus compétitif de la région. Ses 18 quais peuvent gérer jusqu’à 10 millions de tonnes de marchandises et de bétail par an. Certifié aux normes internationales, son terminal à conteneurs devrait recevoir 340 000 unités en 2008.
Il est aujourd’hui le Port le plus compétitif de la région et le seul à être certifié ISO 28000 pour le terminal à conteneurs. D’une capacité de 10 millions de tonnes par an, il offre une infrastructure de 18 quais, une zone franche de 17 ha et des équipements de manutentions rapides et puissants.
Grace à la hausse des importations liées aux projets d’infrastructures et au boom économique en Ethiopie, les entrées ont augmentées de 35 % en 2007 (par rapport à l’année précédente) et les sorties de 44 %. Le cumul est passé, quant à lui, de 5, 6 à 7,5 millions de tonnes (+34 %). Le trafic conteneurs devrait atteindre 340 000 EVP (équivalent vingt pieds) en 2008, contre 295 000 en 2007 et 127 000 en 2000.
Le trafic éthiopien représente à lui seul 90% environ du trafic du port de Djibouti (contre 3 % avant 1998). Plusieurs centaines de camions font tous les jours la navette entre les Ports de Djibouti et l’Ethiopie. Outre la création d'une aire de repos gigantesque au point kilométrique 12, les autorités portuaires prévoient aussi l’aménagement d’une zone de transit offrant toutes les commodités aux camionneurs éthiopiens.
Source : adjib.dj
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